Les prescriptions minimales pour la sécurité des installations électriques sur les lieux de travail sont décrites dans l'AR du 04/12/2012. « L'objectif est de mettre les anciennes installations – antérieures à 1983 – à un niveau de sécurité similaire à celui du Règlement Général sur les Installations Électriques (RGIE) », explique Patrick Jooken. « Jusqu'à cette date, il n'y avait pas de contrôle préalable à la mise en service ni de contrôles périodiques. L'AR uniformise les exigences pour les installations anciennes et nouvelles. En outre, des prescriptions minimales auxquelles les installations plus anciennes doivent satisfaire sont fixées. »
L'analyse des risques est un travail d'équipe
L'employeur est responsable de l'analyse des risques et doit prendre les mesures de protection nécessaires. « Une telle analyse des risques va bien au-delà du contrôle technique. Elle se concentre sur les risques pour les travailleurs qui peuvent entrer en contact avec l'installation électrique. L'analyse des risques est en outre une donnée vivante. À chaque extension ou modification d'une installation et à chaque interaction modifiée ou nouvelle des utilisateurs avec l'installation électrique, l'analyse des risques doit en principe être révisée ou complétée. Il s'agit donc d'analyser en permanence, de prendre des mesures et ainsi d'améliorer continuellement. L'analyse des risques doit être révisée au moins tous les cinq ans. »
Outre l'employeur, différentes fonctions doivent collaborer pour parvenir à une analyse des risques réussie :
- le conseiller en prévention interne en tant qu'expert en sécurité
- l'électrotechnicien ou l'électricien expérimenté et compétent
- le responsable d'installation et l'éventuel responsable des travaux pour l'utilisation opérationnelle et l'exécution des travaux
- le service externe de prévention et de protection en tant qu'expert pour la réalisation d'analyses des risques
- les installateurs ou bureaux d'études éventuels pour des conseils sur des solutions pratiques
Top 10 des risques
Pourtant, il y a encore souvent des problèmes. Sur un échantillon de 100 analyses de risques réalisées, voici les lacunes les plus fréquentes :
- Absence de déclaration de compétence BA4/BA5 par l'employeur (79%)
- Absence de plan des influences externes (74%)
- Danger de contact direct (68%)
- Absence d'attestation de conformité (63%)
- Absence de plan de position des électrodes de terre (62%)
- Manque de liaisons équipotentielles (60%)
- Identification ou signalisation insuffisante du tableau, de la tension nominale et du danger électrique (58%)
- Ouvertures dans les enveloppes et les protections (52%)
- Absence de procédures, d'instructions ou d'analyses de risques préalables des travaux (50%)
- Absence de contrôle trimestriel de l'installation HT (47%)
Du pain sur la planche
« Pour de nombreuses entreprises, il y a donc encore du pain sur la planche. Tant au niveau de l'installation elle-même, où l'attention portée à la technicité, au risque de contact ou à l'étanchéité laisse souvent à désirer. Mais aussi l'organisation concernant l'utilisation et l'interaction avec l'installation, la qualification ou non des personnes qui travaillent avec l'installation et le dossier électrique correspondant méritent plus d'attention. »
Source ; Prevent